L'Arabie saoudite suspend ses contacts avec le Qatar — Crise du Golfe

11 Septembre, 2017, 18:37 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • L'émir du Qatar appelle le prince héritier saoudien et se dit prêt à dialoguer

L'émissaire de Doha a affirmé que les prétendues preuves d'un financement du terrorisme par le Qatar, avancées pour justifier le "blocus", avaient été fabriquées de toutes pièces.

Le Prince Héritier d'Arabie Saoudite, Mohammed Ben Salmane Ben Abdelaziz a reçu, vendredi, un appel téléphonique de l'Emir de l'Etat du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, au cours duquel le chef d'Etat qatari a fait part de son désir de dialoguer en vue de trouver une issue à la crise du Golfe, rapporte l'Agence saoudienne de presse (SPA).

Dans la foulée, Ryad a annoncé "la suspension de tout dialogue ou communication avec les autorités du Qatar jusqu'à ce qu'une déclaration précise soit publiée pour clarifier sa position publique".

Ils ont aussi imposé au riche petit émirat gazier des sanctions sans précédent, dont un blocage des voies d'accès maritimes, aériennes et terrestres.

Ce porte-parole, cité par l'agence SPA, a protesté contre la manière dont Doha aurait rendu compte de l'appel téléphonique de l'émir du Qatar avec le prince héritier saoudien, l'accusant d'avoir "distordu le contenu de la conversation".

L'Arabie saoudite a indiqué dimanche 10 septembre qu'elle maintiendrait la pression sur le Qatar jusqu'à ce que ses demandes soient satisfaites, éloignant la perspective d'un règlement rapide de la crise du Golfe évoqué par le président américain Donald Trump. "Nous continuerons à agir et maintiendrons notre position jusqu'à ce que le Qatar réponde", a déclaré le chef de la diplomatie saoudienne Adel al-Jubeir, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Jeddah (ouest de l'Arabie saoudite).

L'agence qatarie a ajouté que l'Emir Tamim a accepté la demande du Prince héritier saoudien, de charger plusieurs délégués d'examiner les questions en suspens, sans compromettre la souveraineté des Etats.

La QNA ne confirme pas non plus le désir de dialogue de l'émir en écrivant vaguement que "les deux parties sont tombées d'accord sur la nécessité de régler la crise, en s'asseyant à la table des négociations, pour préserver l'unité du Conseil de coopération du Golfe (CCG)". Or, Ryad a affirmé que les modalités du dialogue restent à déterminer.

"Ceci prouve que les autorités du Qatar ne sont pas sérieuses dans leur désir de dialogue", a assuré le porte-parole saoudien. Les quatre pays précités avaient adressé une liste de 13 conditions préalables à un rétablissement des relations diplomatiques avec Doha, parmi lesquelles la fermeture de la chaîne de télévision Al-Jazeera, qualifiée d'"extrémiste" ainsi que l'arrêt du soutien présumé du Qatar à des organisations "terroristes" et la limitation des échanges avec Téhéran.

Le Qatar, qui voit dans ces demandes une atteinte à sa souveraineté, pose lui comme condition au dialogue la levée des sanctions.

"Je suis persuadé que cette percée potentielle est liée à la rencontre de l'émir de Koweït (cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah) avec le président Trump et à l'accord apparent sur le fait que la crise a duré suffisamment longtemps et qu'il faut la résoudre", a-t-il ajouté.

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