L'Etat aurait scellé un accord secret avec les sociétés des péages — Autoroutes

12 Septembre, 2017, 17:18 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • France 2 dévoile la teneur d’un accord secret conclu avec les sociétés d’autoroute et signé par Emmanuel Macron et Ségolène Royal

Mais en avril 2015, à l'issue de négociations, un accord est signé par les sociétés d'autoroutes, Ségolène Royal et Emmanuel Macron.

En 2015, Emmanuel Macron, ministre de l'Economie et Ségolène Royal ministre de l'Ecologie s'attaquent aux tarifs des péages: "il faut rendre aux automobilistes un peu d'équité tarifaire" annone Ségolène Royal sur BFM TV en décembre 2014. Un document que le gouvernement précédent avait tenu secret, désireux de présenter ce gel provisoire comme un succès. Après négociation avec leurs représentants, l'Etat finit par signer un accord, une sortie de crise. Par ailleurs l'accord leur permettrait d'augmenter les tarifs des péages chaque année entre 2019 et 2023 pour compenser un gel imposé des tarifs par l'État en 2015. Elles s'engagent à financer 3,2 milliards de travaux sur 10 ans. En retour, elles obtiennent une stabilité fiscale, une clause pour allonger la durée des concessions et le droit de "pratiquer des hausses de tarifs additionnelles chaque année de 2019 à 2023". Selon l'Arafer, une autorité indépendante de contrôle, le surcoût pourrait atteindre 500 millions d'euros, entièrement à la charge des automobilistes.

Mais les autoroutiers ne l'ont pas entendu de cette oreille: le texte prévoyant le gel des tarifs est immédiatement attaqué en justice par les sociétés d'autoroute. Selon les sociétés d'autoroutes, cette compensation financière est due au gel des tarifs. Pourtant selon les données de l'ASFA (association regroupant les acteurs du secteur de la concession d'autoroutes), en 2015, le chiffre d'affaires de ces sociétés a progressé de 2,5% pour s'établir à 9,39 milliards d'euros. Une estimation contestée par les sociétés d'autoroute. Emmanuel Macron confirme que le gel des tarifs est acquis pour 2015.

Contactée par France 2, Ségolène Royal, assure avoir été opposée à cet accord et réfute l'avoir signé. Selon la chaîne toutefois, c'est bien sa signature qui apparaît au bas du document. "L'État a bloqué les tarifs à l'occasion de la hausse prévue au 1er février 2015". En janvier dernier, elles annoncent un plan de travaux de 803 millions d'euros sur l'ensemble du réseau.

Les journalistes de France illustrent ces surestimations avec l'exemple des aires de covoiturage. Ça lui a coûté beaucoup moins cher."Ça varie entre 2 500 et 3 500 euros mais en moyenne sur nos 400 places de covoiturage, on est à 3 000 euros", nous confie le vice-président du département.

Ce dernier suivra-t-il les avis de l'autorité de régulation? A lui de valider ou non le montant des travaux annoncés par les sociétés d'autoroutes.

Recommande: