Melun. Le parquet favorable à une suspension de peine pour Patrick Henry

12 Septembre, 2017, 18:06 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Patrick Henry 64 ans demande une suspension de peine pour raison médicale

Son crime avait suscité l'effroi dans la France des années 70.

Le délibéré concernant la demande de suspension de peine de Patrick Henry, incarcéré à Melun pour l'enlèvement et le meurtre du petit Philippe Bertrand, sera rendu ce vendredi 15 septembre.

Sa libération conditionnelle avait été acceptée par le tribunal d'application des peines de Melun en janvier 2016, mais elle avait été rejetée par la cour d'appel de Paris. L'état de santé de Patrick Henry entre dans cette catégorie. L'administration pénitentiaire et le parquet se sont dit "favorables" à sa demande de suspension de peine, a précisé Hugo Lévy au sortir de l'audience qui s'est tenue à huis clos mardi matin. Depuis, l'homme n'a cessé de demander une libération conditionnelle, allant jusqu'à la grève de la faim. Les juges estimaient que les projets de réinsertion n'étaient pas assez définis.

Aujourd'hui, la réponse pourrait être toute autre. En vain. Mais la loi prévoit qu'une suspension de peine peut être accordée aux condamnés "atteints d'une pathologie engageant le pronostic vital" ou ceux dont "l'état de santé est durablement incompatible avec le maintien en détention". Ce logement, une condition du règlement judiciaire pour obtenir une libération anticipée, a été loué pour lui par une amie depuis 25 ans, rencontrée alors qu'elle était visiteuse à la prison de Caen où il était alors détenu.

Mais il avait rapidement cassé son image d'ex-détenu modèle devenu informaticien. Difficulté d'adaptation, impossibilité de se réadapter..., un an plus tard il est à nouveau privé de liberté. En octobre, il est arrêté en Espagne en possession de plusieurs kilos de résine de cannabis. Une affaire qui lui avait valu un retour en prison.

Evoquer Patrick Henry c'est se replonger en pleine époque giscardienne, se souvenir de Roger Gicquel et de sa fameuse sortie "la France a peur", se remémorer une ère où les accusés risquaient littéralement leur tête en passant devant la cour d'assises. Il fut aussi un symbole en son temps de la peine de mort.

Patrick Henry échappa de justesse à la guillotine, grâce notamment à la plaidoirie de son avocat Robert Badinter, fervent militant de l'abolition de la peine capitale qu'il contribuera à abolir en tant que ministre de la Justice en 1981. "Et vous verrez leur regard!" Et vos enfants sauront que vous avez un jour condamné à mort un jeune homme.

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