Irak: le Parlement fédéral vote contre le référendum d'indépendance au Kurdistan

13 Septembre, 2017, 22:46 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • LE PARLEMENT IRAKIEN REJETTE LE RÉFÉRENDUM KURDE

Les autorités du Kurdistan irakien ont annoncé samedi qu'elles maintenaient le référendum prévu le 25 septembre sur l'indépendance de leur région, malgré des appels de la Ligue arabe à l'ajourner.

Ali al-Safi, membre de l'Alliance nationale (le plus important bloc chiite au parlement), a déclaré à Anadolu que le Parlement irakien a voté à la majorité contre la tenue du référendum pour l'indépendance. Ce vote, a-t-il encore précisé, "impose au Premier ministre de prendre toutes les mesures pour protéger l'unité de l'Irak et d'entamer un dialogue sérieux" avec les autorités de la région autonome.

En outre, il a souligné que les députés kurdes se sont retirés de la session parlementaire pour protester contre la décision du parlement irakien.

Baghdad et le Premier ministre, Haider Al Abadi, n'ont cessé de répéter au cours des derniers mois que cette consultation était "contraire à la Constitution".

En revanche, le vote a été favorablement accueilli par la Turquie, l'Iran et la Syrie qui ont plaidé aussi pour l'annulation du référendum. Ce scrutin est également critiqué par des pays voisins tels que l'Iran et la Turquie qui comptent une importante minorité kurde sur leur territoire. Les 5,5 millions de Kurdes irakiens eux-mêmes sont divisés sur la question du référendum. Si tous adhèrent au rêve d'un Etat kurde, de nombreuses voix s'élèvent pour questionner l'opportunité du calendrier de M. Barzani.

La prochaine échéance annoncée par le pouvoir central est la reprise de Hawija, l'un des deux derniers bastions du groupe Etat islamique (EI) en Irak, qui se trouve dans la province de Kirkouk.

Mais M. Barzani a déjà prévenu: il veut des "garanties" et des "alternatives" pour repousser ou annuler le référendum. Et, affirme le politologue Abdelhakim Khasro, ´´il n'existe aucun obstacle´´ légal ou constitutionnel qui pourrait forcer Erbil à renoncer à son projet. De même que Bagdad, qui cherche à ´´affaiblir le Kurdistan´´, avec lequel il mène depuis des années un bras de fer notamment sur des questions de répartition des richesses -en particulier pétrolières-. M. Barzani se trouvait sur place hier après-midi afin de rencontrer des personnalités locales.

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