Le parquet espagnol poursuit 712 maires pro-référendum — Catalogne

16 Septembre, 2017, 11:14 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le parquet espagnol menace d'arrêter les maires de Catalogne prêts à organiser le référendum d'autodéterminationPlus

Il déclarait, suite à la suspension par le Conseil Constitutionnel Espagnol du projet de loi voté par la Generalitat: " Il n'y aura (it) pas de référendum d'autodétermination ".

De leur côté, Les catalans souhaitent que cette " Diada " fête nationale Catalane " soit la dernière avant l'indépendance.

Actuellement, tous les gouvernements européens qui ont été consultés considèrent qu'il s'agit d'une affaire intérieure espagnole et qu'ils n'ont pas à s'en mêler.

En effet, l'enjeu était de taille pour les leaders séparatistes.

Jordi Sanchez, président de l'ANC, a déclaré au Monde: "Nous avons la force des gens avec nous et la capacité de les mobiliser". Une " transition courte " selon Carles Puigdemont.

Depuis 2010 et l'annulation partielle par la Cour constitutionnelle du nouveau " Statut d'autonomie de la Catalogne ", à la demande du parti du chef du gouvernement Mariano Rajoy, la crise couve entre l'Espagne et la Catalogne.

Les autorités espagnoles tentent de dissuader les fonctionnaires de participer à l'organisation de ce scrutin. Les maires participant au référendum, non reconnu par l'Etat, sont menacés d'arrestation. "Tout le monde doit se demander: que feras-tu le 1er octobre?" Mais Barcelone comme plusieurs autres grandes villes n'ont toujours pas confirmé leur participation. S'ils l'emportent, ils assurent qu'ils proclameront dans la foulée l'indépendance de la Catalogne, région concentrant 16% de la population espagnole et contribuant à son PIB à hauteur de 20%. "Avec un PIB de 222 milliards d'euros, elle génère à elle seule 19 % du PIB de l'Espagne et aux alentours de 30 % de ses exportations" [les Echos].

Devant le bras de fer que se livrent Madrid et le gouvernement catalan, Nuria Marin juge inopportun de "reporter une telle responsabilité sur les maires qui se retrouvent face à une situation très complexe". La communauté "cotise plus aux caisses de l'Etat central qu'elle ne reçoit en retour sous forme d'investissements".

Le parquet général d'Espagne a ordonné mercredi aux procureurs de Catalogne de citer à comparaître les maires de la région prêts à organiser le référendum d'autodétermination illégal du 1er octobre, quitte à les faire arrêter s'ils ne se présentent pas.

Les débats autour de la langue cristallisent également les tensions.

Des dizaines de milliers de personnes ont pris part à son défilé spécifique après la Diada unitaire sous le thème " Trenquem el regim, autodéterminacio, Paisos Catalans" en soutien au référendum et pour l'insoumission du peuple catalan en l'appellant à continuer à désobéir sans peur au pouvoir de l'UE et de Madrid. "Les séparatistes ont vu cela comme une attaque à l'encontre d'une langue protégée", poursuit Politico. "Ils ont gagné les élections (48% des voix) mais la proportionnalité du système électoral fait qu'ils ont plus de sièges", [France Culture]. Effectivement, "selon le dernier sondage de l'institut gouvernemental catalan, en juillet, 41,1 % souhaitaient [l'indépendance] et 49,4 % étaient contre". Il a appelé les Catalans à désobéir si on leur demandait d'être assesseurs pour ce vote, 'car c'est un acte absolument illégal'.

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