Le journaliste Loup Bureau de retour en France

17 Septembre, 2017, 15:49 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • De retour en France, le journaliste Loup Bureau revient sur ses conditions de détention en Turquie

Il est accusé par la Turquie d'appartenance à "une organisation terroriste armée". "Je n'ai pas été maltraité physiquement", a tenu a assuré le journaliste, qui a toutefois reconnu des menaces et des pressions morales. Mais à partir du moment où il y a eu un soutien plus public, à partir du moment où le président, monsieur Macron, a annoncé qu'il demandait ma libération, il y a eu du changement. "Il m'a dit de profiter des prochains jours, de me reposer", a livré Loup Bureau au journal Le Parisien. Après cinquante-et-un jours de détention en Turquie, le journaliste est arrivé à Roissy ce dimanche 17 septembre au matin, comme le rapporte l'AFP.

Entouré de son père, de la Ministre de la Culture Françoise Nyssen et de Christophe Deloire de Reporters sans Frontières c'est un homme fatigué mais soulagé qui s'est approché des journalistes pour sa première conférence de presse. Ses conditions de détention étaient au départ "un peu compliquées", a-t-il expliqué. Il avait été arrêté à la frontière irako-turque pour des clichés où il posait en compagnie de combattants kurdes syriens considérés comme des terroristes par le régime d'Ankara, et pour des reportages sur des soldats anti-Daech en Syrie réalisés pour TV5 Monde. Le président Emmanuel Macron, avec lequel le journaliste s'est entretenu au téléphone à son arrivée, avait demandé fin août sa "libération rapide" à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. "À partir du moment où il était en prison, les choses se sont normalisées".

Sa libération, intervenue dans la foulée d'une visite du chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian à Ankara, est "un grand soulagement", s'était "réjoui" Emmanuel Macron. Mercredi soir, le procureur a rendu un acte d'accusation qui l'accuse rien de moins que d'appartenir à une organisation terroriste et il sera vraisemblablement jugé en son absence. "Pour lui malheureusement le combat n'est pas terminé", a-t-il ajouté. Ce volet justice doit être réglé, selon son père, car il risque de ne plus pouvoir exercer son métier car traqué par Interpol.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, une situation qui s'est particulièrement dégradée depuis le coup d'Etat raté de juillet 2016.

Loup Bureau de retour sur le sol français. Il avait été expulsé après un mois de détention et une importante mobilisation.

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