Le chef aveyronnais Sébastien Bras renonce à ses étoiles Michelin

20 Septembre, 2017, 17:21 | Auteur: Gerard Affre
  • Las de la

"Ce fut un beau challenge, source de beaucoup de satisfactions avec les évolutions que nous avons apportées. oui, beaucoup de satisfaction, mais aussi d'une grande pression qu'occasionne inévitablement la distinction des 3 étoiles qui nous avait été attribuée en 1999", souligne-t-il.

Désireux de se libérer d'une trop "grande pression", le chef Sébastien Bras, à la tête du restaurant trois étoiles Le Suquet à Laguiole (Aveyron), a demandé mercredi à ne pas figurer dans la prochaine édition du guide Michelin, une décision embarrassante pour la bible de la gastronomie. "J'entends bien continuer, avec mon équipe fidèle, à faire vivre au Suquet cette expérience magique de l'Aubrac, toujours avec cette quête de l'excellence", indique-t-il dans un communiqué en évoquant "la pression" des trois étoiles, un argument souvent cité par des restaurateurs.

Sébastien Bras, chef du Suquet, avait pris il y a dix ans avec bonheur la succession de son célèbre père, Michel. On ne sait pas quand.

"Peut-être que je vais perdre en notoriété mais je l'accepte, je l'assume", a affirmé Sébastien Bras à l'AFP.

Et d'avouer que dans "un coin de la tête" comme "tout le monde, restaurateurs et guides", il a le suicide du triple étoilés Bernard Loiseau (2003). "Mais je n'ai pas cet esprit-là", tempère-t-il.

"Aujourd'hui, j'ai envie de proposer le meilleur en étant hors compétition".

Le guide Michelin "prend acte" de la demande de Sébastien Bras et va "examiner" cette requête, a déclaré à l'AFP Claire Dorland-Clauzel membre du comité exécutif du groupe Michelin, précisant toutefois que le retrait ne serait "pas automatique".

"Je vais pouvoir me sentir libre, sans me demander si mes créations vont plaire ou non aux inspecteurs du Michelin". "Nous avons l'habitude de dire aux cuisiniers, ne travaillez pas pour le guide Michelin, travaillez pour le client". En 2006, Antoine Westermann avait fait de même.

En Espagne, le chef Ferran Adria avait fermé son restaurant trois étoiles El Bulli en 2010, expliquant sa lassitude de travailler 15 heures par jour et son besoin de se ressourcer.

Mais la cuisine "n'est pas le seul domaine" concerné, "c'est vrai aussi pour les grands sportifs", souligne-t-elle.

Recommande: