Madrid rejette la médiation demandée par le président catalan

07 Octobre, 2017, 19:48 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Manifestation de la Place d'Espagne vers la Place de Catalogne contre le référendum d'autodétermination le 3 octobre 2017 à BarcelonePAU BARRENA

Les tensions ne se sont pas atténuées depuis le message ferme adressé par le roi d'Espagne, Felipe VI, qui a accusé les autorités catalanes de bafouer l'ordre constitutionnel et leur statut de région autonome "de façon répétée et systématique" et de faire preuve "d'une inadmissible déloyauté à l'égard des pouvoirs de l'État".

Sa requête était simple: puisque le référendum de dimanche dernier était illégal parce qu'inconstitutionnel, la réunion du Parlement lundi 9 octobre l'est tout autant.

De timides gestes d'apaisement sont apparus ce vendredi entre Barcelone et Madrid.

" Il serait bon de commencer à refermer la plaie en passant par le Parlement de Catalogne [.] par le biais d'élections régionales", a déclaré Inigo Mendez de Vigo, porte-parole du gouvernement, lors d'une conférence de presse organisée à l'issue du conseil des ministres.

Les groupes séparatistes et les syndicats ont initialement demandé que des grèves se déroulent mardi pour soutenir les dirigeants catalans qui continuent de parler d'une déclaration d'indépendance de l'Espagne.

Les séparatistes envisagent de déclarer l'indépendance après la publication des résultats définitifs du référendum du 1er octobre, qu'ils estiment avoir remporté avec près de 90% des suffrages et 42,3% de participation. En cause, une possible déclaration d'indépendance de la Catalogne. lundi prochain.

Dans une allocution télévisée mercredi soir, le chef de l'exécutif catalan s'est dit prêt à une "médiation" pour résoudre la crise, une main tendue immédiatement rejetée par les services du président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

" Avant la décision que pourrait adopter le parlement (catalan) sur une déclaration d'indépendance, la priorité doit être de donner une dernière opportunité au dialogue, que les deux parties s'engagent pour un temps à ne pas prendre de nouvelles décisions unilatérales et, pourquoi pas, rechercher la médiation", a également insisté Santi Vila dans une tribune publiée par le quotidien catalan Ara.

Les indépendantistes pourraient chercher à profiter de l'élan favorable dans l'opinion catalane, scandalisée par les violences policières ayant émaillé la consultation, qui ont fait au moins 92 blessés.

Le chef de la police catalane Josep-Lluis Trapero, est arrivé hier matin à l'Audience nationale de Madrid, tribunal spécialisé notamment dans les affaires de sécurité nationale, sans dire un mot. À eux s'ajoutent les présidents de deux puissantes associations indépendantistes, Jordi Sanchez, de l'Assemblée nationale catalane, et Jordi Cuixart, d'Omnium. Six forces politiques y sont représentées.

Depuis le début de la crise, la justice a réagi avec fermeté.

La crise politique a contaminé le secteur économique: plusieurs entreprises, dont CaixaBank, première banque de Catalogne et troisième d'Espagne, une institution plus que centenaire en Catalogne, a décidé de déménager leur siège social hors de la région.

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