Le patron du groupe craint de lourdes pénalités pour corruption — Airbus

09 Octobre, 2017, 16:23 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • Tom Enders le patron d'Airbus le 12 avril 2017 à Amsterdam

"Cette situation est due à notre décision, prise l'an dernier, de déclarer aux autorités et agences gouvernementales des inexactitudes que nous avions nous-mêmes découvertes".

"Pour le président d'Airbus, cette déclaration avec, rappelle-t-il, "l'appui total" du conseil d'administration", était la seule "ligne de conduite" possible pour le groupe car "conforme" aux "valeurs", aux "standards d'éthiques" et aux "règles de conformité" de l'entreprise.

"Nous faisons l'objet d'enquêtes pour présomption de violation des lois anticorruption et il y a un risque d'importantes pénalités pour l'entreprise" craint Tom Enders. Airbus fait face à plusieurs enquêtes mettant en cause la direction du groupe dans des affaires de corruption.

Ce montage aurait permis "de verser des pots de vin à des décideurs basés en Autriche", poursuit le Spiegel, pour la vente controversée de 18 avions de combat Eurofighter pour 2 milliards d'euros en 2003, ramenée en 2007 à 15 appareils pour environ 1,7 milliard d'euros.

Airbus fait également l'objet d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier (PNF) en France.

Dans sa lettre, Tom Enders exhortait les employés de ne pas croire toutes les révélations publiées dans la presse et de lui faire confiance, selon des salariés, anticipant ainsi les informations du site Mediapart et du magazine allemand Der Spiegel.

A l'époque, M. Enders dirigeait la branche défense du groupe EADS, devenu Airbus Group depuis janvier 2014. Selon le parquet général de Munich, cité par l'AFP, une enquête pour corruption menée en Allemagne va "bientôt " être bouclée.

Le Serious Fraud Office (SFO) britannique, chargé outre-Manche de la lutte contre les délits et crimes économiques, a en effet ouvert durant l'été 2016 une enquête contre Airbus au Royaume-Uni suite à des soupçons d'irrégularités concernant le recours à des consultants pour la vente à l'export d'avions civils.

Le patron d'Airbus souligne aussi que l'avocat du groupe John Harrison et lui-même ont le soutien du conseil d'administration pour mener la procédure à son terme.

" N'écoutez pas les discours simplistes ou nationalistes, n'alimentez pas les rumeurs ", exhorte le patron dans sa lettre aux salariés assurant qu'après cette " période turbulente et déroutante " Airbus sortira " renforcé et plus compétitif ".

Recommande: