Voiture de police incendiée : jusqu'à sept ans de prison pour les "antifas"

11 Octobre, 2017, 12:35 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Une voiture de police incendiée avait été incendiée par des manifestants anti-police à Paris le 18 mai 2016

La plus grande inconnue de ce délibéré du tribunal correctionnel de Paris est le sort qui sera réservé à Antonin Bernanos, étudiant de 23 ans, devenu avec ce procès l'une des figures les plus médiatiques de la mouvance antifasciste.

Les audiences ont été rythmées par les clameurs de dizaines de personnes massées à l'extérieur de la salle, scandant des slogans hostiles à la police et la justice et la mouvance d'extrême gauche a revendiqué, pendant le procès, l'incendie dans une caserne de gendarmerie à Grenoble, en " solidarité " avec les prévenus. La peine la plus faible est un an de prison avec sursis.

Antonin Bernanos, dont le frère cadet est également poursuivi, a toujours nié être ce jeune homme au visage dissimulé qui assène des coups de poing à un policier encore assis dans la voiture, et qui fracasse le pare-brise arrière avec un plot métallique.Pour faire le lien avec l'arrière petit-fils de l'écrivain George Bernanos, le procureur a retenu le témoignage, hautement controversé, d'un policier des renseignements anonyme. Antonin Bernanos n'a pas été incarcéré à l'issue de la lecture du délibéré. L'accusé résident en Suisse, actuellement en fuite, écope de la plus lourde peine, soit sept ans de prison ferme.

Bryan M. est relaxé pour la participation a un attroupement violent, tout comme Angel Bernanos. Les peines requises par le parquet s'échelonnaient de douze mois de prison avec sursis - pour trois jeunes hommes accusés d'avoir participé à un " groupement formé en vue de commettre des violences ", sans toutefois passer à l'acte - à huit ans de prison ferme pour Joachim Landwehr.

Le procès de cinq jours, rallongé à la demande de la défense, s'était déroulé dans une atmosphère tendue. Le 18 mai 2016, un groupe de militants antifascistes, revenant d'un rassemblement contre les violences policières, s'en était pris à une voiture de police et aux deux fonctionnaires se trouvant à l'intérieur, quai de Valmy, en plein Paris. Ce jour-là, c'est une manifestation d'un autre genre qui occupait l'actualité.

Les images du véhicule en flammes et d'un policier parant à mains nues de coups de tige métallique avaient fait le tour du monde.

Les soutiens des prévenus avaient appelé à un rassemblement sur les lieux à 10 heures, heure à laquelle le tribunal correctionnel a rendu son jugement.

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