Les anémones blanchissent, les poissons-clowns pâtissent

12 Octobre, 2017, 15:19 | Auteur: Christian Jacquard
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Ainsi, les poissons-clowns se protègent des prédateurs en s'abritant parmi les tentacules des anémones, et pondent chaque mois au pied de celles-ci. Comme pour les coraux, ce phénomène est une des conséquences du réchauffement climatique.

Les anémones de mer subissent elles aussi de plein fouet le blanchiment.

Comme les coraux, les anémones de mer doivent leurs couleurs à des micro-algues qui les composent. Résultat: les coraux, et donc les anémones, blanchissent et deviennent insalubres pour les pauvres poissons-clowns.

Les chercheurs ont rendu régulièrement visite à 13 familles de poissons-clowns dans le récif de l'île de Moorea située dans les eaux polynésiennes. "La moitié des anémones suivies dans cette étude ont blanchi elles aussi en perdant leurs microalgues", indique la publication du Criobe. En cause: la forte augmentation des taux de cortisol - hormone du stress - dans le sang des poissons-clowns abrités dans les anémones blanchies.

" Ainsi, le blanchissement des anémones provoque un stress qui diminue les taux d'hormones sexuelles et donc la fécondité des poissons".

Les scientifiques ont remarqué une chute importante du nombre d'œufs viables chez les espèces qui vivent dans les anémones blanchies. "Ces liens, déjà établis dans des expériences de laboratoire, sont confirmés pour la première fois dans des conditions naturelles chez des poissons", concluent les scientifiques".

Près de quatre mois après la fin de l'épisode de réchauffement, les chercheurs ont noté que l'état de santé des anémones et des poissons s'est amélioré. Un suivi sur les mêmes poissons sera à nouveau assuré lors du prochain épisode El Niño, afin d'analyser la réaction des poissons-clowns face à un nouvel épisode de réchauffement: le fait d'avoir subi un premier stress leur permet-il de mieux s'acclimater à un second, ou au contraire, les fragilise?

Ces conclusions inquiètent les chercheurs, qui rappellent dans leur rapport qu'au moins 51 espèces de poissons vivent en symbiose avec des anémones dans le monde. Et pour s'en prémunir, il allait se blottir dans les tentacules d'une anémone.

Les chercheurs tirent la sonnette d'alarme: "En cas de blanchiment prolongé, comme celui de la Grande barrière de corail australienne en 2016 et 2017, c'est le renouvellement de toutes ces populations qui pourrait être affecté, et avec lui la stabilité des écosystèmes".

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