Rémunération des agriculteurs : Macron dégaine ses ordonnances

12 Octobre, 2017, 01:22 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • 30 % des agriculteurs français percevaient moins de 300 euros par mois en 2016. Il y a urgence à rééquilibrer le rapport de force avec la grande distribution

Un nouveau texte législatif sera voté dès le premier semestre 2018, sous forme d'ordonnance si nécessaire, a promis le président de la République ce 11 octobre à Rungis, lors d'un rapport d'étape des états généraux de l'alimentation.

- Pour établir ces coûts de production, filière par filière, "des indicateurs de marché doivent être définis" avec aussi un renforcement de l'observatoire des prix et des marges ainsi que des contrats-types.

"En annonçant qu'il était favorable au relèvement du seuil de revente à perte sur les seuls produits alimentaires et selon les filières, Macron a dû décevoir pas mal d'actionnaires de nos concurrents ou des multinationales", a-t-il ajouté.

De leur côté, les distributeurs, eux, assurent être prêts à jouer le jeu et à acheter un peu plus cher les produits agricoles. C'est en fonction de chaque stratégie que sera évalué le seuil de revente à perte de la grande distribution.

"Label rouge". Autre demande présidentielle: le regroupement des agriculteurs en organisations de producteurs. Mais avant de donner son blanc-seing à une hausse des SRP, il réclame, filière par filière, la construction d'ici la fin de l'année d'un véritable plan d'objectifs apportant des garanties sur la juste rémunération des agriculteurs qui en découlera. A commencer par les gros industriels et les distributeurs, dans le collimateur présidentiel. Les autres ont botté en touche.

"Emmanuel Macron n'est pas tombé dans le piège que lui tendaient les représentants des multinationales en réclamant une réforme du seuil de revente à perte sur l'ensemble des produits de grande consommation", a estimé Michel-Édouard Leclerc.

Pour Laurent Pinatel, il faudra aussi prendre acte de la "fraîcheur" apportée au sein des Etats généraux de l'alimentation par les ONG.

La présidente de la FNSEA Christiane Lambert a apprécié mercredi la compréhension par Emmanuel Macron des "enjeux" pesant sur l'agriculture française, tout en souhaitant des "clarifications" sur les engagements pris par le président. A savoir: des contractualisations renforcées, sur des périodes plus longues et, surtout, qui tiennent systématiquement compte des coûts de revient de la production agricole.

" Nous modifierons la loi pour inverser la formation du prix qui partira du coût de production ", a déclaré le chef de l'État à mi-parcours des États généraux de l'Alimentation, à Rungis (Val-de-Marne).

"Il faut un changement complet de paradigme, mettre un terme à cette dérive et revisiter les équilibres actuels", a-t-il d'abord affirmé, en appelant à la "responsabilité collective indispensable".

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