Affaire Lafarge en Syrie. Laurent Fabius pourrait être auditionné

13 Octobre, 2017, 14:40 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Laurent Fabius ancien ministre des Affaires étrangères

Ils réclament par ailleurs l'audition de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2016, période pendant laquelle la filiale syrienne de Lafarge est soupçonnée d'avoir versé de l'argent à des organisations terroristes, notamment à Daesh, rapporte franceinfo. "L'Etat doit être exemplaire, les juges doivent donc rechercher son éventuelle responsabilité" note t-elle. Début octobre, l'association juridique Sherpa a déposé une " demande d'acte " afin que Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, soit auditionné. C'est le deuxième chef d'accusation sur lequel la justice enquête, celui de " mise en danger d'autrui ". En 2014, alors que Daech s'étend sur la zone irako-syrienne, les membres de la direction de Lafarge "m'ont forcé à aller au travail en menaçant de me licencier, même s'il y avait des problèmes dans les allers-retours à l'usine avec les groupes armés, et que les routes étaient dangereuses", indique l'un des employés. (.) On allait voir, tous les six mois, l'ambassadeur de France pour la Syrie et personne ne nous a dit: "+Maintenant il faut que vous partiez+", a ainsi relaté Christian Herrault, ex-directeur général adjoint opérationnel, d'après une source proche du dossier. Onze salariés du site syrien, défendus par Sherpa, accusent Lafarge d'avoir " voulu leur mort " à l'aune d'une offensive des jihadistes. "La justice française ne doit oublier aucun acteur dans cette affaire", a déclaré la responsable du contentieux de l'ONG, Marie-Laure Guislain.

Plusieurs dirigeants de Lafarge-Holcim ont affirmé aux enquêteurs que le ministère des affaires étrangères était au courant des activités du cimentier en Syrie. "Le Quai d'Orsay n'a eu de cesse de dire que tout allait s'arranger et qu'il fallait tenir". Le 9 juin, les magistrats ont ouvert une information judiciaire visant le groupe, seule firme multinationale qui est restée en Syrie pendant la guerre, pour "financement d'entreprise terroriste" et "mise en danger de la vie d'autrui". Au contraire, le ministère aurait "alerté le groupe Lafarge sur les risques encourus à rester en Syrie".

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