La justice irakienne ordonne l'arrestation des organisateurs du référendum au Kurdistan

14 Octobre, 2017, 02:27 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • LE KURDISTAN ACCUSE BAGDAD DE PRÉPARER UNE

Bagdad a lancé vendredi des opérations militaires dans la province de Kirkouk, a indiqué à l'AFP un général sur place, sous couvert de l'anonymat.

Mercredi soir, les autorités kurdes avaient déjà fait état de préparatifs des forces irakiennes, disant craindre un assaut contre des régions disputées dans les provinces de Kirkouk et de Mossoul.

" Les forces armées irakiennes avancent pour reprendre leurs postes militaires pris lors des événements de juin 2014", lorsque les peshmergas (combattants kurdes) se sont emparés de positions des forces du gouvernement central dans le chaos créé par la percée jihadiste.

Positionné au sud de la ville de Kirkouk, qui a concentré les tensions lors de la tenue il y a plus de deux semaines du référendum d'indépendance kurde, ce général a ajouté que les forces gouvernementales, postées au sud-ouest de la ville, faisaient mouvement vers le sud de la province éponyme. Elles ont repris "vendredi matin la Base-102, à l'ouest de la ville de Kirkouk, près de l'autoroute menant à Tikrit, désertée sans combat par les peshmergas" dans la nuit, a-t-il poursuivi.

"Nous sommes alarmés par la concentration de militaires irakiens et des (forces paramilitaires) du Hachd Chaabi à Bachir et Taz au sud de Kirkouk, avec des tanks, de l'artillerie lourde, des Humvees et des mortiers", affirme le Conseil de sécurité du KRG, l'instance de défense de la région autonome kurde. "Et répètent depuis 24 heures qu'ils sont " prêts à se répondre à une offensive gouvernementale", et dressent des barrages routiers".

Le 5 octobre, le Premier ministre irakien Haïdar al Abadi avait déclaré que son gouvernement souhaitait éviter les heurts avec les Kurdes mais les dirigeants des unités de mobilisation populaire et de la police fédérale ont menacé à plusieurs reprises de chasser les forces kurdes de Kirkouk. Et, selon les services de renseignement kurdes, les forces du gouvernement central ont l' "intention de s'emparer des champs pétroliers, d'un aéroport et d'une base militaire".

"L'escalade ne viendra pas de notre part, nous nous défendrons seulement et nous les repousserons s'ils attaquent", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Conseil suprême de la magistrature, Abdel Sattar al-Bireqdar, a indiqué mercredi qu'un tribunal de Bagdad a ordonné l'arrestation du président et des deux membres de la Commission en charge de l'organisation du référendum d'indépendance du Kurdistan irakien.

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