Terrorisme : deux ans d'état d'urgence, pour quel bilan ?

01 Novembre, 2017, 00:30 | Auteur: Djeferson Maurice
  • Des périmètres de sécurité pourront être mis en place aux abords de grands événements

Lundi, lors de la promulgation, Emmanuel Macron a déclaré que la loi "permettra de renforcer nos moyens dans la lutte contre le terrorisme, en particulier dans les lieux qui auront vocation à rassembler du public". "La loi contre le terrorisme pourra entrer en application dès demain (mardi)". Une nouvelle loi antiterroriste, votée par le Parlement début octobre, a été construite pour se substituer au régime de l'état d'urgence.

La nouvelle loi antiterroriste donnera également, a rappelé le président français, la possibilité aux forces de police ainsi qu'aux préfets de fermer les lieux de culte "lorsque des pratiques inacceptables y sont parfois suivies". Tous ont été soupçonnés d'abriter des individus incitant à la haine. Autres chiffres parlants de ce régime exceptionnel: "l'état d'urgence a permis d'effectuer 4 457 perquisitions administratives, au cours desquelles 625 armes ont été saisies, dont 78 de guerre", a fait savoir Gérard Collomb.

Les perquisitions administratives sont également transposées dans le droit commun par la nouvelle loi antiterroriste. Quatre mesures sont concernées: les assignations à domicile, les perquisitions administratives, les zones de sécurité et la fermeture des lieux de culte. "Même s'il nous faut rester très attentifs au risque exogène, avec des attentats téléguidés depuis les territoires contrôlés par Daech, elle revêt désormais un caractère essentiellement endogène, par le biais d'individus qui, depuis le sol français, constituent de petites équipes pour tenter de commettre des actions de masse, comme cela s'est produit à Barcelone, en août dernier, ou passent à l'acte individuellement" explique ainsi Gérard Collomb dans l'Express.

Mais l'inscription de ses mesures de l'état d'urgence dans le droit commun a suscité de vive polémique en France. Les défenseurs des droits de l'homme, les juristes ainsi que les partis politiques de gauche accusent le pouvoir de donner davantage d'autorité aux préfets et au ministre de l'Intérieur au détriment de la justice.

Directement issue de l'état d'urgence, la mesure permettant aux autorités de procéder à la fermeture d'un lieu de culte est aussi maintenue.

"J'ai entendu un certain nombre de critiques lorsque nous avons présenté ce texte de loi au Sénat (.) mais il fallait un juste équilibre entre sécurité et liberté et je crois que ce texte y correspond", s'est justifié dimanche le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb.

Pour le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, la menace terroriste est "toujours là et, est toujours intense".

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