Nicolas Hulot abandonne l'objectif de réduction du nucléaire en 2025

07 Novembre, 2017, 17:53 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • L'objectif de 50% de part de nucléaire dans le mix électrique d'ici 2025 augmenterait les émissions de CO2 de la France

Une déclaration d'autant moins comprise qu'il y a encore peu, alors potentiel candidat à la présidentielle, le président de la Fondation pour la nature et l'homme (FNH) s'insurgeait en 2016 contre la volonté du gouvernement Hollande de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires de dix ans supplémentaires.

Une option inenvisageable pour le gouvernement puisqu'elle conduirait à "sacrifier ou rogner nos objectifs sur le changement climatique", a-t-il poursuivi.

Selon le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, qui s'est exprimé à l'issue du conseil des ministres, la date arrêtée sous le précédent quinquennat en vue de ramener cette énergie à 50% de l'électricité produite en France entraînerait un dérapage sur les autres objectifs climatiques du pays.

La loi de 2015 sur la transition énergétique prévoit de ramener de 75% à 50% d'ici à 2025 la part de l'atome dans la production d'électricité française, un objectif qui avait été fixé après des mois d'âpres débats au Parlement.

Nicolas Hulot, qui avait déjà fait part dans le passé de ses doutes sur la possibilité de respecter les délais inscrits dans la dernière loi de transition énergétique, s'est appuyé là sur des conclusions présentées mardi par RTE. A la place, il a émis le souhait qu'une "date réaliste" soit trouvée rapidement, qui permette de réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique français sans avoir à relancer les centrales à gaz ou à charbon.

Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité RTE avait pointé mardi la difficulté à atteindre l'objectif de 2025 sans augmenter les émissions de CO2.

Nicolas Hulot a précisé qu'il faudrait désormais étudier plusieurs scénarios."Tout ça va prendre quelques mois et, en fonction de ça, nous fixerons une nouvelle date", a-t-il encore ajouté.

Car le dossier est sensible, à la fois sur les plan politique, social et économique.

Pour l'instant, seule la fermeture des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) a été actée.

"Il remet en question la loi de Transition énergétique en reportant l'échéance de 2025, sans donner de précision", a regretté Alix Mazounie, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace France, citée dans ce communiqué.

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