Climat : mais à quoi servent donc les COP ?

09 Novembre, 2017, 19:34 | Auteur: Christian Jacquard
  • Pourquoi la COP23 sera aussi économique

La Syrie a annoncé mardi à la COP23 à Bonn son intention de rejoindre l'Accord de Paris sur le climat, laissant seuls les États-Unis dans leur décision de quitter le pacte, selon des observateurs.

" Cela veut que les États-Unis sont isolés", souligne Alden Meyer, expert du centre de réflexion américain Union of Concerned Scientists: " Sur ce sujet du climat, personne ne veut être en compagnie de Donald Trump, qui se retrouve dans un splendide isolement.

Au départ, la conférence s'annonçait plus technique que politique. La conférence se tient à Bonn, mais elle est organisée par les îles Fidji, très inquiètes des menaces qui pèsent sur certaines îles du Pacifique, vouées à la disparition.

Face à 195 pays qui ont pris un autre chemin, dont la Chine, son grand rival, premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète, la délégation américaine n'en cherchera pas moins à s'assurer " que les règles soient transparentes et justes et s'appliquent aux pays tels que la Chine et les autres concurrents économiques des États-Unis", indique la Maison-Blanche. D'abord, il faut savoir qu'en allant à Bonn, le Maroc garde en tête le bilan de la COP22 marqué par six (6) principales avancées, en l'occurrence la Déclaration de Marrakech; l'engagement du Dialogue de facilitation de 2018 où tous les protagonistes se sont entendus sur un calendrier de travail jusqu'à cette échéance; l'Agenda de l'action matérialisé par le Partenariat de Marrakech; la définition des lignes directrices pour la mise en œuvre des CDN (National Determined Contributions) et la concrétisation de la CMA-1 (1re Conférence mondiale sur l'adaptation) qui a connu la ratification de l'Accord de Paris par 169 pays ainsi que la soumission des NDC par 163 pays. Se bornera-t-elle à rester en retrait ou à jouer de son influence en suivant les préceptes de Donald Trump? Les moyens, insuffisants, que les Etats mettent en œuvre pour tenir les engagements de Paris alertent en effet la communauté scientifique. Les engagements nationaux actuels n'atteignent même pas le tiers du niveau de réductions estimé nécessaire d'ici à 2030 pour atteindre l'objectif ultime, soit une augmentation du réchauffement limitée à moins de 2°C, selon le rapport. Mais au rythme où vont les choses, la trajectoire de réchauffement s'orienterait plutôt vers 3°C en 2100.

L'ancien conseiller de Barack Obama, Ben Rhodes, espère que " le reste du monde va tout simplement continuer avec l'accord de Paris et attendre de voir ce qui se passera aux États-Unis en 2020", de sorte que Washington, mis hors du processus, perdra sa capacité à peser dans les débats. Mais il déplore la forte hausse des émissions de méthane, due à la poursuite de l'exploitation des énergies fossiles et des activités agricoles. Selon lui, la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère a battu un nouveau record en 2016: 403,3 parties par million, contre 400 en 2015. Et si les Etats n'ajustent pas rapidement les mesures à prendre, la planète court au désastre.

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