" Le masculin l'emporte sur le féminin " : une règle de grammaire obsolète ?

09 Novembre, 2017, 19:26 | Auteur: Christian Jacquard
  • Pour la signataires cette règle conduit à accepter la domination d'un sexe sur l'autre./DDM

"Nous, enseignantes et enseignants (.) déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d'enseigner la règle de grammaire résumée par la formule 'Le masculin l'emporte sur le féminin'". Par exemple, "des pâturages et des prairies verdoyantes" à la place de "des pâturages et des prairies verdoyants".

"Au lieu de cette règle, les signataires disent désormais enseigner " la règle de proximité, ou l'accord de majorité (selon le sexe en présence dominante, ndlr), ou l'accord au choix (selon le choix du rédacteur, ndlr) ".

Aux avant-postes de la lutte contre le sexisme et les inégalités toujours en vigueur dans notre société entre les hommes et les femmes, la rédaction de Slate.fr défend aujourd'hui sa position afin de réformer la langue française et ses incohérences grammaticales.

L'accord de proximitéPreuve que le masculin ne l'a pas toujours emporté sur le féminin, la règle de l'accord de proximité était d'application en latin et respectée du temps de Corneille et Ronsard, deux monuments de l'histoire de l'évolution de la langue française.

Elle déclare ensuite être favorable à la féminisation du langage, mais sans pour autant apprécier le point médian prôné par l'écriture inclusive (les Français.e.s par exemple). L'Académie française l'a qualifiée de "péril mortel" pour la langue française. Devront-ils changer de règle chaque année?

Des "coups de boutoir" pour "changer les mentalités " Viviane Youx, présidente de l'association pour l'enseignement du français, salue, elle, "ces coups de boutoir" pour que "les mentalités changent".

Du côté des parents d'élèves, on estime ne pas avoir à se prononcer pour ou contre la grammaire ou l'écriture inclusives.

"Une règle qui a assez duré selon les signataires de la tribune".

La règle de proximité existait avant le 17e siècle, selon les signatairesLes signataires de la tribune expliquent qu'avant le 17e siècle, les accords se faisaient le plus souvent selon la règle de proximité (l'adjectif s'accorde en genre avec le nom commun le plus proche).

Ils dénoncent une règle grammaticale qui n'est "pas linguistique, mais politique". "Le masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle", écrivait ainsi Beauzée dans sa "Grammaire Générale" publiée en 1767. Enfin, répéter aux enfants que +le masculin l'emporte sur le féminin+ "dans les lieux mêmes qui dispensent le savoir et symbolisent l'émancipation par la connaissance induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d'un sexe sur l'autre".

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