Burundi : la CPI enquête sur des crimes contre l'humanité présumés

10 Novembre, 2017, 13:55 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • ACTUALITESINTERNATIONALCrime contre l’humanité: La CPI ouvre une enquête sur le Burundi 9 novembre 20170

A New-York, ce vendredi 10 novembre 2017, l'Ambassadeur SHINGIRO Albert, Représentant permanent du Burundi aux Nations Unis, sur compte Tweeter, a expliqué, concernant la sortie tonitruante de Mme Fatou Bensouda à la Cour Pénal Internationale CPI le jeudi 9 novembre 2017 expliquant qu'elle ouvrait une ENQUETE JUDICAIRE au Burundi, alors que le Burundi n'est plus membre de la CPI depuis le vendredi 27 octobre 2017, a annoncé qu'il s'agissait d'"une manœuvre antidatée, nouvelle tentative de déstabiliser le Burundi qui échouera comme les précédentes".

La décision des juges de la Cour pénale internationale (CPI), annoncée aujourd'hui, d'ouvrir une enquête au Burundi donne aux victimes l'espoir que les responsables de crimes graves commis dans ce pays au cours des deux dernières années pourront être obligés de répondre de leurs actes devant la justice, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Cette décision de la Chambre préliminaire intervient après que le retrait du Burundi du Statut de Rome instituant la CPI a été effectif le 27 octobre 2017. Fin octobre, le Burundi a été le premier pays à quitter la CPI.

Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé, en 2015, sa candidature à un troisième mandat, qu'il a obtenu après une élection boycottée par l'opposition.

En septembre, une Commission d'enquête mandatée par l'ONU a indiqué qu'il y avait des motifs raisonnables de croire que des crimes contre l'humanité ont été commis au Burundi, notamment le meurtre, la torture, le viol, l'emprisonnement et la persécution, dans une impunité quasi-totale. Les violences qui ont accompagné cette crise auraient engendré au moins 1.200 morts, la détention illégale de milliers de personnes et la torture de milliers d'autres, des centaines de disparitions ainsi que le déplacement de plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour basée à La Haye.

Un porte-parole du gouvernement burundais, Philippe Nzobonariba, a toutefois affirmé que son pays ne participerait pas à l'enquête.

"La CPI, corrompue, vient de se tirer encore une balle dans le pied. Sans doute que le #Burundi sortira vainqueur de cette bataille", a-t-il ajouté. Cependant, le procureur pourrait étendre son enquête au-delà de cette date si certaines conditions juridiques -que la Chambre préliminaire ne précise pas- sont remplies.

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