150 000 euros acquittés pour la libération de Carme Forcadell — Catalogne

13 Novembre, 2017, 05:23 | Auteur: Lucien Wathelet
  • La présidente du Parlement catalan a été écrouée à Madrid le 9 novembre

Indépendantiste de la première heure, elle avait compté, un à un, les bulletins des élus qui avaient voté pour la sécession lors du vote sur la déclaration d'indépendance par le Parlement catalan, le 27 octobre.

À l'issue de son audition, hier soir, devant la Cour suprême espagnole, la présidente du Parlement catalan Carme Forcadell avait été placée en détention provisoire et transférée à la prison d'Alcala-Meco. Pour quatre d'entre eux, les vice-présidents du Parlement catalan Lluis Corominas et Lluis Gino, et les ex-secrétaires du bureau des présidents du parlement, Anna Simo et Ramona Barrufet, ont été condamnés à verser une caution de 25.000 euros d'ici une semaine.

La présidente du Parlement catalan avait auparavant été accueillie par les cris de manifestants pour et contre l'indépendance.

La Cour, compétente s'agissant de parlementaires, est saisie d'une enquête sur de possibles faits de rébellion ou sédition, voire de malversations de fonds, commis en vue de déclarer l'indépendance.

Le président indépendantiste destitué de Catalogne Carles Puigdemont a réagi sur Twitter, en déplorant que Carme Forcadell soit contrainte de "dormir en prison pour avoir permis un débat démocratique".

Quatre membres de son gouvernement destitué l'ont accompagné dans son exil belge, d'où Carles Puigdemont signe jeudi une lettre publiée par un quotidien catalan, El Punt Avui, réclamant la "libération des prisonniers politiques retenus en otage par l'Etat espagnol".

La déclaration d'indépendance, dégradée au rang de "symbolique" ou de "politique" par Forcadell, selon les versions, a été votée par la majorité indépendantiste, le 27 octobre dernier.

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International écarte cependant l'idée qu'ils soient des "prisonniers d'opinion". En conséquence, ils ont été placés devant la juge de l'AN et non devant le TS comme c'est le cas de Forcadell et des autres membres de la "mesa", qui ne peuvent être jugés que par le TS, au moins jusqu'à la constitution du nouveau parlement catalan. Le délit de rébellion est passible en Espagne de 15 à 30 ans de prison, et celui de sédition d'un maximum de 15 ans.

Les incarcérations ont entraîné de nombreuses manifestations des indépendantistes, au moment où ils doivent préparer les élections régionales convoquées par le gouvernement central pour le 21 décembre. "Liberté!". Au total, 150'000 passagers, dont 10'000 de trains à grande vitesse ont été touchés par des annulations ou retards.

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