Washington évoque un "nettoyage ethnique" — Myanmar

22 Novembre, 2017, 22:52 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Isolés les catholiques birmans puisent du réconfort dans la visite du pape

Plus de 600'000 Rohingyas, des musulmans apatrides qui vivent dans l'Etat birman d'Arakan, ont fui la Birmanie pour se réfugier au Bangladesh depuis la fin août.

Sous le feu des critiques de la communauté internationale, la dirigeante birmane et ancienne lauréate du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, a assuré le mois dernier que les Rohingyas qui pourront prouver qu'ils vivaient en Birmanie seront autorisés à y rentrer.

Une responsable du département d'Etat a confirmé que de telles mesures punitives étaient à l'étude contre "des personnes responsables d'actes de violences spécifiques", tout en confirmant que les Etats-Unis écartaient à ce stade l'idée de "sanctions économiques globales" contre le pays.

L'ONU avait dénoncé dès le 11 septembre une "épuration ethnique" mais l'administration américaine s'était refusée jusqu'ici à en faire autant, expliquant qu'elle analysait la situation.

Le secrétaire d'État Rex Tillerson a pointé du doigt les forces de sécurité birmanes et des milices locales pour "les souffrances intolérables" des Rohingyas.

Isolés les catholiques birmans puisent du réconfort dans la visite du pape
Une croix à côté de la porte d'entrée de la paroisse de Kawkareik le 19 novembre 2017 dans l'Etat Karen en Birmanie AFP- Ye Aung THU

"C'est un équilibre délicat", reconnaît-on de source diplomatique américaine, soulignant que Washington ne veut pas faire dérailler la transition démocratique dans ce pays asiatique longtemps dirigé d'une main de fer par les seuls militaires.

En réponse à des attaques de la rébellion rohingya, l'armée birmane mène une campagne de représailles dans cet Etat de l'ouest de la Birmanie. Il a ajouté par voie de communiqué que même si l'armée blâme des militants rohingyas, "aucune provocation ne saurait justifier les atrocités horribles qui ont suivi".

Il a réclamé une "enquête crédible et indépendante" sur le terrain. L'Union européenne et la France ont récemment apporté leur soutien à ces efforts.

Pékin a annoncé avoir proposé un plan qui a, selon lui, l'approbation de la Birmanie et du Bangladesh.

Par ailleurs, le pape François prévoit rencontrer en privé le chef de l'armée birmane lors de sa prochaine visite dans la région.

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