Une poupée et un robot épinglés par la Cnil — Jouets connectés

04 Декабря, 2017, 18:06 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • LIONEL BONAVENTURE  AFP  Archives

Alors que les achats de cadeaux battent leur plein à l'approche des fêtes de fin d'année, la Cnil met en garde contre le robot "I-QUE" et la poupée "My Friend Cayla" de la société Genesis Industries Limited, originaire de Hong Kong.

Ces deux jouets sont dits "connectés" à une appli mobile: équipés d'un microphone et d'un haut-parleur, ils permettent à l'enfant de poser des questions sur divers sujets et de recevoir une réponses extraite d'Internet par l'intermédiaire du jouet.

Alertée, en décembre 2016, par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir sur le défaut de sécurité des deux jouets, la Présidente de la CNIL a décidé de réaliser des contrôles en ligne en janvier et novembre 2017. "La personne située à une telle distance est en mesure d'entendre et d'enregistrer les paroles échangées entre l'enfant et le jouet ou encore toute conversation se déroulant à proximité de celui-ci", détaille la Cnil.

"Ces vérifications ont permis de relever que la société collecte une multitude d'informations personnelles sur les enfants et leur entourage : les voix, le contenu des conversations échangées avec les jouets (qui peut révéler des données identifiants comme une adresse, un nom.), mais également des informations renseignées dans un formulaire de l'application" liée, a constaté la Cnil. L'entreprise a deux mois pour sécuriser les produits et se conformer à la loi Informatique et liberté, sous peine de s'exposer à une sanction financière.

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Selon les contrôleurs de la Cnil, une personne située à 9 mètres d'un des deux jouets, même à l'extérieur d'un bâtiment, pourrait connecter son téléphone mobile à l'objet en Bluetooth, sans même devoir saisir un code ou appuyer sur un bouton du jouet. Quelques semaines après le régulateur allemand des télécoms, c'est au tour de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) d'épingler un fabricant chinois de jouets connectés.

Alors que des informations personnelles sont traitées par la société, les contrôleurs de la CNIL ont constaté que les utilisateurs des jouets ne sont pas informés des traitements de données mis en œuvre par la société.

Très à la mode, les jouets connectés séduisent de plus en plus les jeunes. S'ils s'invitent en nombre sur les listes au Père Noël, les jouets connectés suscitent quelques craintes. Une procédure de sanction pourrait être lancée par la Cnil. La loi informatique et libertés précise par exemple qu'ils doivent prendre "toutes les précautions utiles (.) pour préserver la sécurité des données et, notamment, empêcher qu'elles soient déformées, endommagées, ou que des tiers non autorisées y aient accès". En Allemagne, cette dernière a même été interdite à la vente par les autorités allemandes. Des actions sont aussi menées par des associations de consommateurs aux États-Unis, où le FBI a averti les parents des dangers que peuvent éventuellement faire peser les jouets connectés pour les enfants.

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