Le président de LafargesHolcim reconnaît des erreurs en Syrie

06 Декабря, 2017, 17:25 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • LafargeHolcim a déclaré en septembre condamner avec la plus grande fermeté les erreurs inacceptables commises en Syrie

Ils pourraient ensuite être présentés aux juges d'instruction en vue d'une éventuelle inculpation.

Bruno Lafont, Eric Olsen et Christian Herrault sont interrogés sur les activités du cimentier en Syrie. Trois ex-salariés ont été mis en examen.

Après les révélations du Monde en juin 2016, une enquête a été ouverte pour des soupçons de financement de groupes terroristes, parmi lesquels l'organisation Etat islamique (EI), ce qui a permis au cimentier de maintenir son activité dans une région de Syrie particulièrement touchée par le conflit.

Les enquêteurs cherchent à savoir si la direction en France était au courant de telles pratiques.

"Le quai d'Orsay nous dit qu'il faut tenir, que ça va se régler", avait notamment déclaré Christian Herrault devant le SNDJ. "Soit on acceptait le racket, soit on partait et on organisait le repli", avait souligné l'ex-directeur adjoint, selon une source proche de l'enquête, ajoutant avoir eu des "discussions avec Bruno Lafont".

Son témoignage pèse lourd: Christian Herrault, bras droit de M. Lafont, travaillait au coeur de l'état-major à Paris. "Pour moi, les choses étaient sous contrôle". Il "devait rendre nécessairement des comptes à des actionnaires", ajoutaient les enquêteurs.

Les investigations s'attachent aussi à déterminer si le groupe a tout fait pour assurer la sécurité des employés syriens de la cimenterie qui avaient notamment dû s'enfuir par leur propres moyens quand l'EI avait finalement pris le contrôle du site en septembre 2014.

Les enquêteurs tentent enfin de déterminer le rôle qu'auraient pu jouer les autorités françaises, alors que plusieurs protagonistes ont indiqué avoir été en contact régulier avec le ministère des Affaires étrangères et la DGSE, les services de renseignements extérieurs.

Dans un entretien, accordé au Figaro dimanche 3 décembre 2017, Beat Hesse parle d'"erreurs inacceptables que le groupe regrette et condamne", à propos du dossier des pots-de-vin remis à des groupes islamistes par les dirigeants de la raffinerie syrienne de Lafarge. Le siège parisien du cimentier Lafarge a par ailleurs fait l'objet d'une perquisition les 14 et 15 novembre dernier.

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