Les États-Unis recommandent d'éviter de se rendre au Honduras

07 Декабря, 2017, 02:38 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Un président sortant candidat malgré la Constitution un dépouillement très lent des accusations de fraude au Honduras ce cocktail explique les manifestations de violence alors que la présidentielle du 26 novembre n’a toujours pas de vainqueur

Les résultats donnent le président sortant de droite, Juan Orlando Hernandez, en tête avec 42,98% des voix, contre 41,39% à l'opposant de gauche et présentateur de télévision Salvador Nasralla. Elle considère désormais qu'il est nécessaire de revoir tous les procès-verbaux, au nombre de 18 000, et même de recompter tous les bulletins de vote un à un.

Hernandez, qui tente d'être réélu d'une manière controversée, dirige les élections comme annoncé par le Tribunal électoral suprême (TSE), cependant, l'opposition et une partie de la population hondurienne dénoncent la fraude. Mais l'Alliance de l'opposition a finalement décidé qu'elle ne participerait pas à ce nouveau dépouillement. "Nous n'avons aucun problème", a déclaré le président, 49 ans et candidat à sa propre réélection malgré les dispostions constitutionnelles. Ce dernier, qui s'exprimait depuis le siège du Parti national (droite), s'est montré convaincu de sa réélection, une nouvelle qu'il a dit attendre avec une "grande impatience", tout en assurant que son geste à l'égard de l'opposition "n'était pas un signe de faiblesse, mais de force".

Les membres des "Cobras", les unités de la police anti-émeute, soutenus par d'autres policiers, sont sortis de leurs casernes, situées dans le nord de Tegucigalpa, la capitale, pour signifier leur refus de faire appliquer le couvre-feu et réprimer les manifestants qui protestent depuis la semaine dernière contre le scrutin. Depuis dix jours, ce pays d'Amérique centrale est sous couvre-feu. Ce dernier avait affirmé lundi à l'AFP qu'il ne pourrait "jamais accepter" ces résultats "ni officiels ni définitifs".

Mais l'état d'urgence n'empêche pas la violence, dans ce pays pauvre miné par les gangs criminels: dimanche soir dans le département d'Olancho (est), quand deux policiers ont été abattus par deux habitants circulant en voiture malgré l'interdiction, selon la police. L'eurodéputée portugaise Marisa Matias, coordinatrice de la mission de l'Union européenne, a appelé le TSE à la prudence: "Ne proclamez pas de vainqueur, le processus n'est pas terminé". Et au moins une jeune femme a été tuée au cours des manifestations d'opposants.

A 18H00 locales (02H00 mardi en Suisse), heure de l'entrée en vigueur du couvre-feu, d'autres unités de la police sont arrivées à la caserne des "Cobras" pour leur apporter leur soutien, formant un cortège de motos et de véhicules de patrouille, toutes sirènes hurlantes.

Des centaines d'habitants du voisinage ont accouru pour les applaudir, certains arborant des pancartes portant l'inscription "J'aime la police".

En fait, l'opposition (Alianza de Oposición contra la Dictadura), qui nie la victoire du président sortant, demande la vérification de plus de 5 000 procès-verbaux litigieux (transmis après des pannes informatiques) alors qu'il y aurait seulement 52 000 voix d'écart entre les deux candidats.

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