La motion de défiance contre Delphine Ernotte adoptée — France Télévisions

13 Décembre, 2017, 03:20 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • Ces logos ont été déposés à l'INPI par France Télévisions

83,77 % des 607 votants (sur 879 inscrits) ont répondu non à la question suivante: "Faites-vous confiance à Delphine Ernotte-Cunci pour préserver la qualité et les moyens de l'information de France Télévisions?". À 84%, les journalistes de France Télévisions adoptent la motion de défiance à l'encontre de Delphine Ernotte. Ce mercredi, trois syndicats, la CGT, FO et le Syndicat national des journalistes (SNJ) ont en effet appelé l'ensemble des salariés du groupe à une grève de vingt-quatre heures pour protester contre un projet de réforme en profondeur de l'audiovisuel public préparé par le gouvernement.

Sous la pression du gouvernement pour réduire ses dépenses, la Présidente du groupe France Télévisions se trouve, avec le vote de cette motion de défiance, dans une position particulièrement délicate. Le groupe télévisuel, à la recherche d'une nouvelle identité pour accompagner son rapprochement avec Franceinfo, a déposé dernièrement à l'INPI ses futurs logos, rapidement repérés sur Twitter. Car pour financer ce rafraîchissement, France Télévisions a déboursé, selon le Canard Enchaîné...

Si cette motion de défiance n'a aucun poids juridiques, elle reste un désaveu pour Delphine Ernotte, qui avait essayé d'apaiser les esprits lundi 11 décembre.

"Je sais combien certains chantiers peuvent être difficiles, mais ils sont nécessaires", avait plaidé de son côté Delphine Ernotte, dans son message aux salariés.

Or, pour la SDJ, pointant l'absence de " vision stratégique" de la Présidence, ces coupes restent problématiques car "les équipes ne seront plus en mesure de proposer une information de qualité, digne du service public, indépendante et vérifiée".

Aux économies envisagées s'ajoutent des inquiétudes liées à l'avenir de l'audiovisuel public.

La colère ne diminue pas à France Télé. Elle a aussi soulevé l'idée de raccourcir deux émissions phares de France 2, Cash Investigations et Complément d'Enquête, avant de se raviser.

Des propos très sévères du président Emmanuel Macron envers l'audiovisuel public, tenus la semaine dernière devant des parlementaires, ont accru la tension. Il ne s'agit pas "de supprimer, de fusionner" mais de "réfléchir" à "des synergies et des coopérations", s'est défendue la ministre lundi.

Recommande: