Pendant 30 ans, l'hôpital public a payé un médecin absent

22 Décembre, 2017, 15:21 | Auteur: Djeferson Maurice
  • L'hôpital de Quimperlé percevait une enveloppe de 124.000 € par an de la part de l'ARH depuis 2004 pour rémunérer le praticien absent

Comme dénoncé par un rapport de la chambre régionale des comptes de Bretagne, ce jeudi 21 décembre, un médecin chef de service de l'hôpital de Quimperlé, dans le Finistère, a été rémunéré pendant 30 ans malgré son absence, relève Le Parisien.

Le praticien avait été nommé chef de service, en 1984, au centre hospitalier de Quimperlé. Outre un déficit d'image, il en est résulté un coût salarial de 130.000 euros par an et une privation de recettes annuelles estimée à 980.000 euros, soit un coût total de 5,5 millions d'euros entre 2012 et 2016 " pour l'hôpital, résume la chambre régionale des comptes.

En de multiples occasions, alors que la direction de l'établissement pointait les déficits annuels, les syndicats et la communauté de l'établissement (conseil de surveillance, personnels) dénonçaient cette situation ubuesque d'un médecin absent mais néanmoins rémunéré. Selon ce rapport, qui ne cite pas le nom du praticien, l'homme avait été suspendu de ses fonctions, tout en demeurant dans les effectifs.

Mais ce dernier figurait toujours dans l'effectif de l'établissement.

Les magistrats pointent une "situation irrégulière, liée à une volonté de défense du corps des praticiens hospitaliers" qui "contrevient à l'intérêt général, aux intérêts du système de santé publique et de protection sociale et altère la pérennité financière de l'établissement". Au 31 octobre 2016, il percevait une rémunération brute de près de 7.400 euros par mois. "En 2010, le directeur de l'hôpital avait demandé au médecin de faire valoir ses droits à la retraite mais ce dernier avait refusé". Il a fini par accepter " en janvier 2017", précise Carole Brision, nouvelle directrice de l'hôpital de Quimperlé.

En 2004, l'hôpital s'est même vu attribuer une enveloppe de 124 000 euros par l'agence régionale de l'hospitalisation (ARH) pour " compenser le surcoût lié à ce praticien sans affectation ni activité ".

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