Les autorités feront des contrôles (mais pas tout de suite) — Vaccins obligatoires

05 Janvier, 2018, 15:39 | Auteur: Djeferson Maurice
  • Onze vaccins obligatoires. DDM Marc Salvet Illustration

C'est ainsi qu'à compter du 1er janvier, la loi rendra obligatoires les vaccinations contre onze maladies infectieuses au lieu des trois jusqu'ici imposées avant l'âge de deux ans (1).

Communiqué de l'Agence Régionale de Santé:Au 1er janvier, les obligations vaccinales pour les jeunes enfants, passent donc de 3 - diphtérie, tétanos, poliomyélite - à 11 vaccinations avec la coqueluche, le ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole), l'Haemophilus influenzae de type B, l'hépatite B, le pneumocoque et le méningocoque C en plus.

Trois vaccins étaient déjà incontournables: diphtérie depuis 1938, tétanos depuis 1940 et poliomyélite depuis 1964, groupés sous l'appellation "DTP". En fait, ces vaccins n'étaient pas obligatoires mais conseillés. La ministre de la Santé a dit qu'elle ne voulait pas condamner les parents qui ne veulent pas vacciner leurs enfants.

La réforme ne change pas grand-chose pour la plupart des enfants, insiste le gouvernement. Résultat, ils étaient déjà administrés à la grande majorité des enfants (70%).

Après plusieurs mois de débats, la baisse de la couverture vaccinale et la réapparition de certaines maladies ont poussé les autorités à passer à l'action. "Il y a eu 20 décès de rougeole depuis 2008".

Mais encore faudrait-il que les Français fassent pleinement confiance aux vaccins, ce qui est loin d'être le cas, puisque selon le Vaccine Confidence Project ("Projet confiance dans les vaccins"), 41% des Français interrogés estiment que les vaccins ne sont pas sûrs, un record mondial. Il a fait le choix de ne pas faire vacciner ses 4 enfants. Les enfants qui ne seront pas vaccinés ne pourront pas être admis à la crèche ou même à l'école.

Les premières vérifications auront lieux en juin prochain pour laisser un temps d'adaptation aux familles. La France est l'un des pays où les doutes face à la vaccination sont les plus forts. Théoriquement, les sanctions vont jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende, mais le gouvernement assure ne pas vouloir axer sa politique sur la répression. Quant aux médecins réfractaires à la vaccination, ils risquent des "sanctions pénales pour faux et usage de faux" s'ils falsifient des certificats, selon l'Ordre des médecins. Ils s'exposent aussi à une radiation: le 22 décembre, le Conseil d'Etat a confirmé celle d'un généraliste qui n'avait pas injecté à un enfant les vaccins obligatoires et avait inscrit "des mentions mensongères" sur son carnet de santé.

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