Cet antidouleur pourrait entraîner des problèmes de fertilité chez les hommes — Attention

09 Janvier, 2018, 11:52 | Auteur: Djeferson Maurice
  • Attention cet antidouleur pourrait entraîner des problèmes de fertilité chez les hommes

Une étude récente menée par des chercheurs de l'Inserm au sein de l'Irset[1] montre que la prise soutenue d'ibuprofène induit chez de jeunes hommes sportifs un déséquilibre hormonal habituellement rencontré chez l'homme âgé et appelé " hypogonadisme compensé ".

On trouve de l'ibuprofène dans pratiquement toutes les armoires à pharmacie, tant la prise de ce médicament est fréquente pour soulager un mal de tête, une douleur, dentaire, rhumatismale..., un état grippal...

Les antalgiques d'utilisation courante à base d'ibuprofène perturbent la production de l'hormone masculine, la testostérone, et pourraient être à l'origine de troubles de la reproduction. De plus, ce médicament est particulièrement utilisé chez les athlètes et le plus souvent en automédication. L'équipe a tiré ces conclusions d'un essai concernant 31 hommes sportifs âgés de 18 à 35 ans, dont la moitié a pris de l'ibuprofène.

- la production des prostaglandines testiculaires est bloquée par l'ibuprofène lors des tests menés ex vivo et in vitro.

Et de cultures d'une lignée immortalisée de cellules humaines. Or cette hormone joue un rôle clé dans le contrôle de la production de testostérone. Or, sur le long terme, il aurait des effets négatifs sur la production de testostérone, ainsi que sur deux autres hormones testiculaires. L'ibuprofène s'avère inhiber une hormone produite par les cellules de Sertoli - l'inhibine B - qui est responsable de la régulation de l'hormone folliculo-stimulante (FSH). L'altération de sa production pendant la vie fœtale peut se manifester par la cryptorchidie (non-descente du testicule dans les bourses), par l'hypospadias (position anormale de l'ouverture de l'urètre) et, chez l'adulte, par une baisse de la libido, des problèmes psychiques et musculo-squelettiques et une altération de la fertilité.

Cette étude démontre ainsi que la prise prolongée à des doses importantes d'ibuprofène (1200 mg/jour pendant 6 semaines) exerce chez les jeunes hommes des effets perturbateurs endocriniens sévères conduisant à un état habituellement rencontré chez environ 10% des hommes âgés, est généralement associé à des risques accrus pour la santé reproductive, comme pour la santé en général. Chez l'homme de plus de 50 ans, cet état est associé à l'andropause ou "déficiti androgénique lié à l'âge".

Pour Bernard Jégou, directeur de recherche à l'Inserm et directeur de la recherche de l'école des hautes études en santé publique qui a coordonné l'étude, ainsi que pour Christèle Desdoits-Lethimonier, ingénieure de recherche de l'université de Rennes-1 (co-première auteure), les conclusions de ce travail sont à prendre au sérieux: la consommation abusive d'ibuprofène par des hommes ne souffrant d'aucune maladie chronique, comme des athlètes de haut niveau, accroît les risques liés à ce médicament, mais aussi altère leur condition physique (muscles et os) et hypothèque leur santé reproductive ainsi que psychologique.

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