Un mort lors de nouveaux troubles sociaux en Tunisie

09 Janvier, 2018, 18:24 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • FETHI BELAID

Comme l'a constaté le chef du gouvernement tunisien et l'a confirmé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, plusieurs régions dans les gouvernorats de Tunis, La Mannouba, Gafsa et Kasserine ont été le théâtre d'actes de violence et de pillage des biens publics et privés, ainsi que des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, dans la nuit du lundi à mardi.

Notons que l'un des protestataires, Khomsi Ben Sadok Eliferni (alias Lahouel), né en 1972, et souffrant d'une maladie chronique (insuffisance respiratoire), est décédé, hier soir, lors des manifestations, par asphyxie, et non après avoir été heurté par un véhicule de police, comme affirmé dans les réseaux sociaux.

Une dizaine de villes sont concernées par ce mouvement de contestation sociale provoquée par l'entrée en vigueur, le 1er janvier, d'une série de hausses des prix frappant notamment le gasoil, les voitures ou encore les services de téléphonie et d'accès à Internet décidées dans le cadre de la loi de finances pour 2018. Le ministère de l'Intérieur a démenti qu'il a été tué par la police, soulignant qu'il ne portait aucune marque de violence.

" La pauvreté et la faim ont augmenté oh citoyen opprimé!" Il a toutefois précisé que le gouvernement "s'est engagé à ne pas augmenter les produits de première nécessité, les taxes ne touchent en rien le panier des produits alimentaires car ils sont hors champ TVA". "Parmi les acquis de la démocratie il y a la possibilité de manifester, mais on a aussi l'obligation de travailler pour une économie tunisienne saine où cette croissance qui a pointé le bout du nez en 2017 se consolide davantage pour qu'elle soit créatrice d'emplois ".

À Kasserine, quelques dizaines de jeunes ont incendié des pneus et jeté des pierres sur des agents de sécurité, qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes, a indiqué un correspondant de l'AFP.

A Sidi Bouzid, les manifestations ont bloqué les routes avec des pneus et des pierres rapporte Russia Today.

Le mois de janvier est traditionnellement marqué par une mobilisation sociale en Tunisie depuis la révolution de 2011, et le contexte est particulièrement tendu cette année à l'approche des premières élections municipales de l'après-révolution, plusieurs fois reportées et prévues en mai.

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