Oise: 200 chasseurs vont épauler la gendarmerie pour surveiller les forêts

10 Janvier, 2018, 15:49 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Dans l'Oise les

La Fondation 30 Millions d'amis a aussi regretté que cette mission soit confiée à des chasseurs et pas à des citoyens lambda: "Il serait bon de rappeler aux gendarmes que face à ces 8.000 hommes armés dont le loisir est surtout d'abattre le gibier, il y a dans l'Oise des centaines de milliers de promeneurs amoureux de la nature tout aussi qualifiés pour la 'surveiller'", écrit la Fondation sur son site.

Deux-cents chasseurs de l'Oise sont actuellement sélectionnés pour épauler la gendarmerie dans les forêts du département et les zones reculées, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Dans le cadre d'un partenariat signé entre la préfecture de l'Oise et la Fédération des chasseurs du département, 200 chasseurs feront partie de l'opération "Chasseurs vigilants ". "Leur mission consistera à observer, à nous alerter et à sensibiliser les personnes qui fréquentent les milieux naturels".

Les personnes sélectionnées seront notamment chargées de repérer les véhicules abandonnés ou les dépôts d'ordures sauvages. "Ils pourront également se rendre directement à la brigade de leur secteur". "En aucun cas, les chasseurs vigilants ne seront amenés à intervenir directement, a insisté le capitaine Lecacheur".

Pour les forces de l'ordre, toutefois, connaître la source à l'origine d'un signalement est un gage de fiabilité. "Nous nous limiterons à 200 chasseurs, a détaillé le capitaine de gendarmerie". Pré-requis indispensable: avoir un casier judiciaire vierge. Selon le directeur de la Fédération des chasseurs, "ils nous prêtent des prérogatives qu'on n'a pas. Cela a permis à la gendarmerie d'arrêter les auteurs, qui ont été condamnés", explique au Parisien Luc Vandenabeele, président de l'association de chasse d'Anserville.

Le dispositif a fait réagir de nombreuses associations.

Mardi, la Fondation 30 millions d'amis s'est ainsi insurgée de la mise en place d'une "milice armée".

La Ligue des droits de l'homme de l'Oise avait déjà demandé aux autorités, lors de la signature de la convention, de "cesser la casse du bien commun plutôt que de faire insidieusement appel à une milice en tenue de camouflage!".

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