Fin de la trêve avec la guérilla de l'ELN — Colombie

11 Janvier, 2018, 06:09 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Colombie: le président suspend les négociations avec la guérilla après une attaque

Le président colombien a décidé de suspendre, mercredi 10 janvier, les négociations de paix avec la guérilla de l'ELN, qui ont lieu à Quito en Equateur.

Quelques heures après la fin d'un accord de cessez-le-feu et la reprise des négociations de paix, les rebelles de l'Armée de libération nationale (ELN) ont repris mercredi leurs attaques en Colombie.

Le président a indiqué qu'il avait demandé au négociateur en chef Gustavo Bell de revenir immédiatement de Quito pour "évaluer l'avenir du processus", et a ordonné à l'armée colombienne de répliquer avec force à toute nouvelle agression. Les autorités ont en outre rapporté une attaque à la grenade contre un poste de sécurité de l'armée dans le département d'Arauca, à la frontière du Venezuela, où l'ELN a une forte présence. "Nous appelons (le gouvernement) à revoir" sa position, a déclaré à Quito Pablo Beltran, négociateur en chef des rebelles. Un cessez-le-feu était en vigueur entre le 1er octobre et le 9 janvier à minuit.

"De façon inexplicable, l'ELN a non seulement refusé, mais a relancé ses attaques terroristes ce matin", a déclaré le président Juan Manuel Santos lors d'un bref discours télévisé, mercredi.

Durant la trêve, l'ELN a admis sa responsabilité dans l'assassinat en novembre d'un leader indigène du département du Choco (nord-ouest). C'est la première fois de son histoire que cette guérilla, inspirée de la révolution cubaine et issue en 1964 d'une insurrection paysanne, signait un accord de ce type. "Nous, nous restons ici (à la table des négociations)". Mardi, jour de la fin de la trêve, les deux parties avaient entamé des pourparlers en vue de sa prolongation. "Mais la gravité de la rupture du cessez-le-feu et les attentats qui viennent de se produire rendent inévitable" cette "crise majeure", déclare-t-il à l'AFP. La principale société pétrolière du pays a annoncé qu'il y avait eu "une possible attaque" contre un oléoduc à Aguazul, à environ 300 kilomètres de la capitale, Bogota.

Bien que le gouvernement colombien et la guérilla guévariste aient chacun de leur côté exprimé à plusieurs reprises leur volonté de prolonger cette trêve, l'accord précédent avait déjà été fragilisé par des accusations mutuelles de violations. En un demi-siècle, le conflit armé colombien, impliquant des guérillas, des paramilitaires, des forces gouvernementales et des trafiquants de drogue, a fait au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 7,4 millions de déplacés.

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