Ikea risque de devoir s'expliquer au tribunal — Espionnage de salariés

12 Janvier, 2018, 03:12 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • Espionnage des salariés chez Ikea France: vers un procès au pénal

Ce réquisitoire du parquet, qui demande également le renvoi de quinze personnes, est l'aboutissement de près de six années d'enquête, qui ont permis de lever le voile sur un système de surveillance.

Des magistrats français ont requis que soient jugés Ikea France et 15 personnes, dont des policiers, soupçonnés d'avoir mis en place un vaste système d'espionnage de salariés et de clients de l'enseigne, a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquête. Deux syndicats, Force ouvrière (FO) et la Confédération Générale du Travail (CGT), avaient alors déposé plusieurs plaintes, amenant le Parquet de Versailles à ouvrir une information judiciaire en avril 2012. "Le réquisitoire définitif ne nous a pas été notifié donc nous ne savons pas quelles sont les motivations du parquet", a simplement déclaré l'avocat de l'enseigne, Emmanuel Daoud.

L'affaire a éclaté en février 2012 suite aux révélations du Canard Enchaîné.

Le but: récolter un maximum d'informations sur leurs antécédents judiciaires ou sur l'état de leur compte en banque.

Quatre fonctionnaires de police ont déjà été mis en examen, soupçonnés d'avoir été rémunérés par la marque en échange de ces renseignements.

Un rapport détaille aussi des éléments de la vie personnelle de certains salariés, leurs amitiés et soutiens au sein de l'entreprise, et la manière envisagée pour retourner ces soutiens. Le PDG France du groupe entre 2010 et 2015, Stefan Vanoverbeke, son prédécesseur Jean-Louis Baillot ainsi que le directeur financier de 2009 à 2014, Dariusz Rychert, sont eux aussi inculpés dans le dossier et risquent un renvoi au tribunal.

Ikea avait annoncé dans la foulée une série de mesures éthiques visant à redorer le blason de l'entreprise et à tirer les leçons de ce scandale.

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