La décision de Trump sur les sanctions envers l'Iran attendue vendredi

13 Janvier, 2018, 04:18 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le porte-parole de l'Agence iranienne de l'énergie atomique Behrouz Kamalvandi

Dans un communiqué, Donald Trump a exigé un "accord" avec les Européens pour "remédier aux terribles lacunes" du texte de 2015.

"Le président français, Emmanuel Macron, a demandé jeudi le respect de l'accord nucléaire avec l'Iran par l'ensemble des signataires".

Concrètement, l'ultimatum américain laisse 120 jours, jusqu'à la prochaine échéance de suspension des sanctions, pour trouver une entente avec les Européens sur "un accord de suivi" visant à durcir les conditions du texte initial, a expliqué un haut responsable de l'administration américaine.

"Il n'y a pas aujourd'hui d'indication qui pourrait laisser un doute sur le bon respect par la partie iranienne de l'accord puisque l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) confirme régulièrement (sa) bonne mise en oeuvre", a fait valoir le ministre français Jean-Yves Le Drian.

Tout en maintenant la levée des sanctions, Donald Trump a décidé d'imposer de nouvelles sanctions ciblées contre l'Iran, indique-t-on à Reuters. Mais jusqu'ici, cette "non-certification" est restée symbolique et n'a pas entraîné le retour des sanctions américaines. Mais "le président va aussi dire clairement que c'est la dernière suspension qu'il va signer", a-t-il prévenu. Figure notamment sur la liste le chef du système judiciaire, Sadeq Amoli Larijani, frère du président du Parlement Ali Larijani, "la preuve que nous visons le régime à la tête", dit un responsable du Trésor américain.

Le président Trump devait prendre sa décision lors d'une réunion jeudi, selon le porte-parole du département d'Etat américain, Stephen Goldstein.

Le président américain Donald Trump évoque l’accord sur l’Iran à la Maison Blanche le 13 octobre 2017
Le président américain Donald Trump évoque l’accord sur l’Iran à la Maison Blanche le 13 octobre 2017

La prison de Rajaee Shahr, où "sont emprisonnés de nombreux Iraniens qui ont récemment protesté contre leur gouvernement", dans une vague de manifestations qui ont fait 21 morts, est aussi visée par les nouvelles sanctions, ainsi que des industries de défense iraniennes, le Conseil suprême pour le cyberespace ou encore une organisation de cyberdéfense qui dépend du corps d'élite des Gardiens de la révolution.

"Il importe donc aujourd'hui que l'ensemble des parties prenantes respecte cet engagement commun, et en conséquence que nos alliés américains le respectent aussi", a-t-il insisté.

Jeudi, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif avait jugé par avance "inacceptable" tout "acte qui sape l'accord nucléaire".

Réunis jeudi à Bruxelles, les Européens ont de nouveau défendu l'accord, qui empêche l'Iran de développer un programme nucléaire militaire en échange de la levée de certaines sanctions économiques.

Le ministre iranien des Affaires étrangères estime que l'accord n'est pas "renégociable".

Les Européens se disent par ailleurs préoccupés au sujet du programme balistique iranien et affirment que l'Iran doit désormais user de sa position diplomatique régionale pour aider à une résolution des conflits au Yémen et en Syrie.

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