Airbus triple son bénéfice 2017

15 Février, 2018, 18:23 | Auteur: Nathanaël Gerin
  • Dès le début des années 2000 le gouvernement s'était engagé à acquérir un avion de transport stratégique. Le choix est tombé sur l'A400M le nouveau joyau du constructeur aéronautique européen Airbus

Pour autant la rentabilité du groupe s'est améliorée par rapport à 2016 avec un EBIT reporté qui fait un bond de plus de 50 % à 3,42 Md€ malgré des ajustements négatifs totalisant 832 M€ dont 117 M€ imputables "aux frais de conformité" et surtout 1,3 Md€ de charges liées au programme A400M. L'avionneur européen fait le bilan financier pour l'année 2017: un bénéfice net triplé et un chiffre d'affaire stabilisé. Le chiffre d'affaires demeure, lui, stable, avec 66, 8 milliards d'euros à son actif.

"Nous avons surpassé tous nos indicateurs clés pour 2017, grâce à de très bonnes performances opérationnelles, en particulier au dernier trimestre", s'est félicité Tom Enders, le président exécutif, cité dans un communiqué. Fabrice Brégier, patron des avions commerciaux à qui l'on doit la montée en puissance de la production des A320 et des A350 et ses impacts financiers, quitte Airbus ce mois-ci.

Problèmes de moteurs. Ces résultats sont néanmoins entachés par la persistance de déconvenues sur les moteurs de l'A320 neo, l'avion vedette de ces derniers mois qui a engrangé plusieurs commandes à l'international.

"C'est malheureux, ce n'est pas une bonne nouvelle, cela signifie du travail supplémentaire, du stress et des tensions", a-t-il souligné au sujet du moteur fabriqué par Pratt & Whitney.

Tom Enders, président éxécutif, présente les comptes du groupe Airbus.

Mais l'avionneur a également annoncé une charge de 1,3 milliard d'euros sur son avion de transport militaire A400M, qui lui avait déjà coûté 2,2 milliards d'euros en 2016. Le groupe table aussi sur une livraison d'environ 800 avions en 2018.

Mais Tom Enders se veut rassurant et explique qu'Airbus a "amélioré la situation en matière industrielle et capacitaire, et convenu d'une remise à plat contractuelle avec les clients gouvernementaux qui devrait sensiblement réduire les risques résiduels du programme ".

Cette progression, qui porte à 12% les gains de la valeur depuis le début de l'année (contre -1,5% pour le CAC 40 sur la période), intervient malgré la possibilité évoquée par le groupe de voir l'enquête menée en France et en Grande-Bretagne sur des soupçons de corruption dans l'aviation civile être étendue aux Etats-Unis.

"Dans le cadre de son dialogue avec les autorités américaines, ces dernières ont demandé des informations concernant les pratiques, qui font partie des enquêtes SFO/PNF, qui pourraient ressortir de la juridiction américaine", précise Airbus.

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