Les aliments ultra-transformés sont les pires — Risque de cancer

15 Février, 2018, 21:44 | Auteur: Djeferson Maurice
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Faut-il s'étonner des résultats de cette étude réalisée en France auprès de 105 000 personnes, selon laquelle on peut établir un lien entre consommation d'aliments ultra-transformés et risque de cancer?

Quels sont les produits à risque parmi les quelque 3300 aliments consommés par l'ensemble des répondants à avoir été repris dans l'étude et classés en fonction de leur degré de transformation?

"Le lien de cause à effet reste à démontrer", a acquiescé l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, qui a financé l'étude avec d'autres institutions publiques françaises.

Pour parvenir à cette conclusion, ils ont recruté 104 980 participants de la cohorte NutriNet-Santé (suivis entre 2009 et 2017). "Une augmentation de 10% de la proportion d'aliments ultra-transformés dans le régime alimentaire s'est révélé être associée à une augmentation de plus de 10% des risques de développer un cancer au global et un cancer du sein en particulier", informe l'Inserm.

Pour le cancer, ce risque est accru de 6 à 18%, et pour le cancer du sein spécifiquement, de 2 à 22%. Les "hypothèses" des chercheurs les portent vers "la qualité nutritionnelle généralement plus faible" de ces produits, trop gras, trop caloriques et/ou trop salés, et "la vaste gamme d'additifs" qu'ils contiennent. Ils citent une étude de 2016 de l'agence alimentaire Anses montrant que quand ils mangent chez eux, la moitié de leurs aliments transformés proviennent de l'industrie, un tiers sont "faits maison " et le reste artisanalement. L'étude précise qu'elle a pris en compte les "facteurs sociodémographiques et liés au mode de vie".

La mauvaise qualité nutritionnelle de ces aliments ne serait pas seule en cause.

La même équipe est déjà à pied d'œuvre et lance actuellement un nouveau programme sur les additifs alimentaires. Lui qui publiera fin février le livre "L'indulgence dans l'assiette" (Fayard) refuse de jeter l'anathème sur toute l'alimentation industrielle. Il suffit pour cela de s'inscrire en ligne (www.etude-nutrinet-sante.fr) et de remplir des questionnaires, qui permettront aux chercheurs de faire progresser les connaissances sur les relations entre nutrition et santé et ainsi d'améliorer la prévention des maladies chroniques par notre alimentation. "C'est fondamental pour estimer de manière précise l'exposition aux additifs au niveau individuel étant donné la grande variabilité des compositions entre les marques" précise l'Inserm. Des aliments qui, d'après les scientifiques, "contiennent souvent des quantités plus élevées en lipides, lipides saturés, sucres et sels ajoutés, ainsi qu'une plus faible densité en fibres et vitamines".

La classification NOVA permet de catégoriser les aliments selon 4 groupes, en fonction de leur degré de transformation industrielle (aliments peu ou pas transformés, ingrédients culinaires, aliments transformés, aliments ultra-transformés). Les procédés industriels comprennent par exemple l'hydrogénation, l'hydrolyse, l'extrusion, et le prétraitement par friture.

-Les compotes de fruits avec seulement du sucre ajouté sont considérées comme des "aliments transformés", tandis que les desserts aux fruits aromatisés avec du sucre ajouté, mais également des agents texturants et des colorants sont considérés comme des "aliments ultra-transformés". "Autre exemple, les viandes rouges ou blanches salées sont " transformées " alors que les viandes fumées et/ou avec des nitrites et des conservateurs ajoutés, comme les saucisses et le jambon, sont classées comme " ultra-transformées ".

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