Les dernières heures du président Zuma — Afrique du Sud

15 Février, 2018, 22:25 | Auteur: Phil Beauvilliers
  • Le sort du Président Jacob Zuma connu «dans les prochains jours»

"Même si je suis en désaccord avec le leadership de mon organisation", a-t-il précisé.

Depuis qu'il a pris les rênes de l'ANC en décembre, M. Ramaphosa tentait d'obtenir un départ en douceur de M. Zuma, convaincu que son maintien au pouvoir conduirait l'ANC à une cuisante défaite aux élections générales de 2019.

C'est officiel, le nouveau secrétaire général du parti vient de le confirmer, l'Anc a décidé de rappeler le Président Jacob Zuma.

Mais Jacob Zuma, empêtré dans de nombreux scandales de corruption, a jusque-là toujours refusé de se plier aux exigences de son parti. L'occasion devrait d'ailleurs se présenter rapidement, puisque le parti EFF de Julius Malema a déposé une motion de défiance contre Jacob Zuma, motion qui doit être examinée très bientôt par le législatif sud-africain.

Dans la foulée, après treize heures de discussions-marathon, le parti accouche finalement d'une décision: il exige officiellement sa démission. Conformément à la Constitution, Cyril Ramaphosa est devenu le président de la République par intérim dès la démission de Jacob Zuma.

A la tête de la holding Shanduka, il fait fortune en siégeant aux conseils d'administration de la Standard Bank, en présidant celui de l'opérateur de téléphonie MTN ou en rachetant toutes les licences des restaurants McDonald's du pays, en bénéficiant de la politique d'émancipation économique des Noirs. Et "tant que Jacob Zuma sait qu'il sera poursuivi, il ne démissionnera pas". "La seule façon de l'écarter, c'est de faire voter par le Parlement une motion de défiance", avait déclaré le chef de l'Alliance démocratique (DA), Mmusi Maimane. Cependant, les observateurs mettent en garde que Zuma, en politicien habile et têtu, pourrait continuer de brouiller les cartes en laissant trainer la question de son départ.

La situation en Afrique du sud est un exemple qui montre que les pays africains veulent entrer dans l'histoire, mais aucun n'y est encore vraiment. Mais, a-t-il affirmé, la nouvelle direction du parti lui a ensuite assuré qu'une frange du parti refusait cet accord et qu'il devait partir plus tôt.

"De son côté, le Top Six a annulé tous ses engagements publics qui étaient prévus jusqu'à samedi dans le cadre du centenaire de la naissance de la figure historique de l'ANC, Nelson Mandela". "Nous n'allons pas faire la fête", a confié une de ses responsables, Jessie Duarte.

Début 2012, Cyril Ramaphosa avait obtenu les faveurs du président Jacob Zuma, devenant vice-président du parti aux dépens du turbulent Julius Malema.

Comme un symbole du changement promis, la police a perquisitionné mercredi le luxueux domicile de la sulfureuse et jusque-là intouchable famille Gupta, au coeur de la plupart des scandales qui impliquent l'ex-président Zuma. Signe que le Président est de plus en plus lâché par ses alliés face à la pression de l'ANC. "La direction de l'ANC ne peut pas attendre au-delà d'aujourd'hui", a ajouté M. Mashatile, "la balle est désormais dans son camp".

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